Jeux d'enfants. Ce film ! Pleins de mots me traversent
l'esprit pour le décrire... insensé, détonant, imprévisible... frustrant, touchant... naïf, coloré, décalé... pervers, impitoyable,
cruel !
Un film magnifique! J'ai adoré!
« Cap ou pas cap ?» ... Comment imaginer que ces
quelques mots puissent emmener si loin ? L'incroyable pouvoir de cette
simple phrase régit la totalité du film, entraînant les personnages principaux (Sophie
et Julien) dans un monde connu par eux seuls.
Un jeu d'enfant d'aspect inoffensif... un jeu toujours plus
prenant au fur et à mesure du temps...un jeu dirigeant leurs vies.
J'y ai retrouvé un peu de mon film fétiche, Amélie Poulain, mais version plus
noire, plus acide...
Interprétation sublime du duo Canet-Cotillard, scénario
original et hallucinant par sa simplicité / complexité, montage habile,
répliques génialissimes... D'après moi ; un chef d'œuvre !
Quelques répliques, juste pour le plaisir ;) :
Sophie à
Julien, enfants :
- Qu'est c'que tu
f'ras quand tu s'ras grand ?
-
Tyran !
- Wouaw ! Tyran ! Avec tout un peuple asservit ..?
- Parfaitement !
Avec un .. harem, des esclaves! J'les torturerai chaque jeudi matin ...
- Coooool
- Et toi ?
- Beeen, je ... Non,
c'est idiot...
- Allez, dis le !
- Non, ça va pas
t'plaire !
- Moi j'te l'ai dit,
raconte !
- J'aimerais être un
flan... un flan aux abricots... ou nature tiens, un peu tiède, dans une
boulangerie...en vitrine ...
- Un flan ? comme
les gâteaux ?
- Ben évidemment
!! Qu'est ce que tu veux que ce soit d'autre ? Y'en a pas 46 000 des
flans !
- Flan... Flan... Ah
mais Ouais ! Un flan ! Mais ouais, mais c'est SUPER GENIAL !
Sophie :
« Non, non, dis rien. C'est à moi de parler. Je t'ai
manqué ? Parce que toi tu m'as manqué, t'es un vrai tyran tu sais, c'est
tellement dur de te faire la gueule ! Mais... Je t'en veux quand même, te fais
pas d'illusion. J'voudrais
qu'on parle en oubliant le jeu, rien qu'une fois. T'aimes ma robe ? Ben...
J'ai... J'ai hésité hein. J'l'ai chipée à ma soeur. Y'en avait une autre, rouge
genre bombe thermonucléaire tu vois. Je sais que c'est celle là que j'aurais du
mettre mais bon... J'ai p'têtre passé, j'sais pas, trois heures devant mon
miroir ! Mais j'y suis arrivée tu vois, je suis jolie. Alors là j'espère que ça
te plait sinon j'te colle une de ces raclées !Le problème c'est que... Même si tu
me disais "j'adore", j'te croirais pas. Julien, je sais plus quand tu
joues et quand tu joues pas. Je suis perdue. Attends, j'ai pas fini. Dis-moi
que tu m'aimes, dis-moi juste que tu m'aimes parce que moi j'oserai jamais te
le dire la première. J'aurais trop peur que tu croies que c'est un jeu. Sauve
moi... Je t'en prie. »
Julien :
« Sacrée Sophie, le jeu
avait repris sur les chapeaux de roue. Du bonheur à l'état pur, brut, natif,
volcanique, quel pied ! C'était mieux que tout, mieux que la drogue, mieux
que l'héro, mieux que la dope, coke, crack, fitj, joint, shit, shoot, snif,
pét', ganja, marie-jeanne, cannabis, beuh, péyotl, buvard, acide, LSD, extasy.
Mieux que le sexe, mieux que la fellation, soixante-neuf, partouze,
masturbation, tantrisme, kama-sutra, brouette thaïlandaise. Mieux que le
Nutella au beurre de cacahuète et le milk-shake banane. Mieux que toutes les
trilogies de George Lucas, l'intégrale des muppets-show, la fin de 2001. Mieux
que le déhanché d'Emma Peel, Marilyn, la schtroumpfette, Lara Croft, Naomi
Campbell et le grain de beauté de Cindy Crawford. Mieux que la face B d'Abbey
Road, les solos d'Hendrix, le petit pas de Neil Armstrong sur la lune. Le
space-mountain, la ronde du Père-Noël, la fortune de Bill Gates, les transes du
dalaï-lama, les NDE, la résurrection de Lazare, toutes les piquouzes de
testostérone de Schwarzy, le collagène dans les lèvres de Pamela Anderson.
Mieux que Woodstock et les rave-party les plus orgasmiques. Mieux que la
défonce de Sade, Rimbaud, Morisson et Castaneda. Mieux que la liberté. Mieux
que la vie... »